Brèves remarques à propos du « Communiqué des éditions Agone sur la journée du 20 septembre 2013 »

Salmigondis

Écrire sans se répéter est un art à la portée de tous. Il suffit de remplacer un nom par un autre.


Faisons la liste des mots qui désignent les partisans du directeur éditorial 1 :
les éditions Agone
auteurs édités par Agone
maison d’édition
membres de l’association
nouveaux salariés
membres des éditions Agone
salariés et bénévoles
membres du collectif éditorial d’Agone

Le trouble s’installe dans l’esprit du lecteur : mais qui fait quoi, dans cette pétaudière ?

Quant au camp adverse, voyons comment il est qualifié :
anciens collaborateurs : on aurait été moins étonné de trouver le mot « collaborateurs » dans la prose des Echos ou de Challenges. De nos jours, il est admis que quand un patron parle de « collaborateurs », il désigne ses ouvriers.
une douzaine de personnes  : qui basculent dans l’indétermination
cinq salariés
les salariés
les autres salariés : tiens donc ! le directeur éditorial serait -il lui aussi un salarié ? Mais pas comme les autres, c’est sûr.

Galimatias

Externalisons les tâches de correction.
« les éditions Agone et en particulier leur directeur éditorial, Thierry Discepolo », pour « les éditions Agone et en particulier son directeur éditorial, Thierry Discepolo ».

À la place d’ « agressions », lire « entartage ».

Rappelons qu’une personne filmée par un cameraman qui marche à ses côtés, devant ou derrière cette personne, n’est pas filmée « à son insu », si elle peut l’être contre son gré.

Boursouflures

Quelques expressions attirent l’attention, et laissent comme un sale goût dans la bouche :
campagne orchestrée
campagne haineuse
caractère douteux
crise douloureuse
complicité et amitié
accusation absurde

 « Quand il y a un écart entre les buts réels et les buts déclarés, on se tourne comme instinctivement vers des longs mots et des tournures usées, comme une seiche projetant son encre. »
La Politique et la Langue, George Orwell, 1946 2

Pataquès

Nous avons constaté que la confusion est la principale caractéristique de ce  communiqué. La plus belle reste à venir.
« Aujourd’hui, d’anciens collaborateurs nous accusent de ne pas les avoir convoqués à l’assemblée générale de l’association Agone du 21 septembre dernier. Cette accusation est absurde, aussi bien juridiquement que politiquement. Sont membres de cette association celles et ceux qui contribuent par leur travail à faire vivre la maison d’édition. On ne peut démissionner des éditions Agone et un an, quatre ou huit ans plus tard se prétendre subitement encore membre de l’association. »

Mais être salarié d’une association n’est pas la même chose qu’en être membre, à moins que le règlement intérieur ne le mentionne expressément. On s’étonne d’ailleurs que le communiqué ne fasse pas référence à ce règlement. C’eut été si simple…

Cris et susurrements

Avouons que le ton de ce communiqué est plutôt accusateur, voire violent et outrancier. Il est question de vol, d’agressions. Les accusations sont nominales. Soit.
Mais au dernier paragraphe, changement de registre : le ton devient allègre et faussement réjoui. Après les actualités, la pause publicitaire. Cette fois-ci, il est question de charmer, de rassurer, d’enjôler le lecteur et futur acheteur.
Les anciens salariés ont bien décrit cette alternance séduction/intimidation, charme/autoritarisme. Nous la retrouvons ici.

Mais les mauvais jours finiront.

De notre correspondante à Pézenas-Les-Flots

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