La Petite PME familiale des luttes

Ce texte raconte une histoire que plusieurs personnes ont sûrement vécu. Quelques très légers détails et lieux ont été modifiés, d’autres un peu floutés pour des raisons évidentes d’éviter les emmerdements. Toute ressemblance avec des PME de la radicalité que vous auriez croisées dans la vie-vraie ne sera bien-sûr que le pur fruit de votre imagination débordante.

J’ai traîné quelques années sur les bancs de la fac. D’abord pour une Licence un peu académique où j’ai touché aux sciences humaines, mais finalement je me redirige vers un IUT carrières sociales avec l’envie de faire « dans l’éducation populaire ». Pourquoi je parle de tout ça ? Parce que c’est aussi à la fac que je me suis politisé, syndiqué, où j’ai découvert les organisations qui composent ce qu’on va appeler la « gauche radicale », leurs histoires, leurs réseaux, leurs revues. Je me suis mis à tourner dans pas mal de collectifs, avec lesquels se sont organisés des tas de choses : conférences-débats, projections, « tournées ». Très vite, les intellectuels de la gauche radicale (profs, chercheurs, journalistes, éditeurs) me sont parus assez accessibles. On leur sert la pince, on leur dit « tu » quand on va les chercher à la gare pour les guider jusqu’au bar ou la maison des associations. On papote, on se rend compte que machin connaît bien truc, qu’il va peut être faire passer un article sur notre lutte dans le numéro de tel canard. Le réseau. Le « milieu ».

Et puis finalement quelques contacts deviennent réguliers et un beau jour, B. te propose carrément de participer à « leur » (son) Journal. « Si t’es intéressé, hein ». Bah grave que je suis intéressé. Trop bien. Je vais devenir Jules Vallès. Ou Jack London. Ou Michael Moore, enfin bref, je vais m’agiter du crayon, du clavier, écrire en luttant.

[La suite est à lire sur le blog Le Salaire de la peur]

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« Comment peut-on être de gauche ? »

Divergence des luttes aux éditions Agone

En ces temps d’appels incantatoires à la « convergence des luttes », le laboratoire de Neuneulogie du Collège d’Argein est heureux d’apporter, en guise de contribution, un exemple assez intéressant de « divergence des luttes » au sein de la classe moyenne.

Nous avons en effet malheureusement avec le très lamentable cas des éditions Agone, l’exemple d’un certain nombre d’universitaires qui, se prétendant « de gauche », adhérant pour certains à des partis de gauche et pérorant à travers la France sur les luttes sociales (des autres) et autres « Terrains de lutte » , appellent la police dès lors qu’ils sont personnellement confrontés à un mouvement social, assumant sans vergogne leur fonction de « cadres » (« foutre en l’air le cadre » peut être interprété de différentes façons !). Mieux vaut donc alerter les bébés !

[La suite est à lire sur le site gentrification.europa-museum.org dans la rubrique « Les choses de la leçon : Revue Agone, canal historique ».]

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Qui est le patron des associations ?

Avec un peu de retard nous vous recommandons la lecture du numéro 81 (printemps 2015) de la revue Mouvements. Celui-ci a pour titre « Qui est le patron des associations ? » et a été imaginé avec la collaboration du syndicat Asso (Action des salarié·e·s du secteur associatif) rattaché à l’union syndicale Solidaires.

Mouvements n°81, Qui est le patron des associations ?

Mouvements n°81, Qui est le patron des associations ?

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Soldes aux éditions Agone !

À l’occasion de la parution du texte « Agone : 25 ans de baston » et du catalogue 2015 des éditions Agone, nous proposons une nouvelle une pour ce catalogue, avec des chiffres significatifs et sans fausse couverture de livre !

Couverture du catalogue 2015

 

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Librairies La Central : « une attitude de négriers camouflée derrière le meilleur de la littérature mondiale »

ou Petite victoire des (ex-)travailleurs de la chaîne de librairies La Central en Espagne

Pour celles et ceux qui aiment fureter dans les librairies, difficile de passer à côté de « La Central » à Barcelone. Une première librairie ouvre en 1996, puis plusieurs autres dans la foulée, dont une à Madrid, faisant en quelques années de La Central une des grosses chaînes de librairies du pays. Elle compte aujourd’hui plus de cent vingt salarié·e·s et possède un fonds énorme, avec un accent particulier mis sur les sciences humaines et les ouvrages en langues étrangères, et une image progressiste savamment entretenue.

Peu après les premiers textes parus sur Enoga, nous avions échangé avec une de ses anciennes libraires. Interpellée par nos récits revenant sur nos départs d’Agone, elle nous témoignait son soutien tant le parallélisme y était frappant avec sa propre expérience. Elle nous décrivait alors un quotidien à La Central fait de harcèlement moral de la part de la direction, d’une grande souffrance psychologique, de conditions de travail difficiles, d’un turnover important avec des collègues qui partent broyés un par un, un discours officiel gauchisant et une pratique de patron voyou, etc. Bref, l’enthousiasme initial vite douché puis les doutes, la souffrance, et la difficulté à quitter la structure pour bien des raisons (psychologiques, financières, etc.). Puis, enfin, la libération après le départ…

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Éditions Agone & instabilité mémorielle

Depuis quelque temps, le milieu ou plus exactement un certain petit milieu de l’édition bruisse de rumeurs : à Agone tout irait pour le mieux, de l’eau a coulé sous les ponts depuis les conflits et départs de 2012-2013, et pour certain·e·s un nouvel Agone serait même né…

Qu’est-ce que cela peut signifier concrètement ? Plusieurs hypothèses nous viennent en tête, que nous allons explorer.

Agone se serait enfin mis à fonctionner selon les principes vertueux qui sont énoncés à longueur de livres. À la lecture du court nouveau texte de présentation de la maison d’édition 1, il est difficile de se faire une idée tant les termes de « fonctionnement collectif » et d’« égalité des salaires » peuvent recouvrir des réalités différentes.

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Le Pavé agonise

Autogérés mais évoluant dans des sphères différentes nous n’avons pas eu l’occasion de nous rencontrer entre Agone et Le Pavé. Cette Scop phare de l’éducation populaire, surtout connue pour ses conférences gesticulées, vient d’annoncer sa dissolution pour la fin de l’année 2014.

À la lecture de leur « manifeste d’autodissolution et de refondations », il est aisé de faire un parallèle avec une partie de ce que nous avons vécu aux éditions Agone – voir extraits ci-dessous. Il suffirait de changer quelques mots… Sauf que là où Le Pavé semble avoir réussi à questionner ses pratiques, à mettre en évidence des dysfonctionnements graves et a pris des décisions en conséquence, Agone ne se remet absolument pas en cause. Face à l’hémorragie de ses membres, la maison d’édition a pour seule réaction de nier les motivations éthiques et politiques des personnes qui sont parties 1.

Nous n’avons pas su identifier le modèle du « surhomme », patriarcal et capitaliste que nous avons embarqué avec et en nous dans cette aventure. Ainsi par exemple nous n’avons pas su nommer et prendre en compte les peurs inhérentes à nos exigences politiques, peurs qui ont provoqué et accentué les recours à des comportements virilistes, tant dans nos modes d’intervention que dans nos relations interpersonnelles.

Nous avons tenté de dénoncer et travailler « à l’extérieur » les dominations de tous ordres n’avons pas suffisamment pris en considération et travaillé en interne les effets de dominations émanant des rapports sociaux, notamment ceux de classe et de sexe, ni les effets de pouvoir liés aux formes de savoir reconnu ou non, ou encore les effets de pouvoir liés à l’ancienneté. Ainsi, nous n’avons pas suffisamment su faire émerger une égalité de droit à partir d’inégalités de fait.

Nous souhaitons mettre fin à une entreprise qui fut certainement trop idéalisée. Nous mettons fin à la souffrance au travail, à la reproduction d’un modèle entretenant l’essentialisation d’une «figure de l’éducateur populaire», à un modèle nous empêchant d’énoncer des règles déontologiques claires qui devraient fonder ce métier.
Nous mettons fin à un modèle économique où le sur-travail est la règle et à une manière d’exercer le pouvoir mais pas à une ambition ; nous mettons fin au mythe mais pas à l’espoir qu’il a soulevé, nous mettons fin à son histoire douloureuse, éreintante mais pas à l’enthousiasme que nous avons partagé ensemble et avec d’autres.

Le manifeste est téléchargeable sur leur site.

Bonne route à eux et à elles !


1. Voir le texte « Capital symbolique et intérêts personnels aux éditions Agone » sur ce blog.

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